Début d’incident diplomatique entre l’Espagne et le Vatican, sur fond d’exhumation de Franco

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L’Espagne proteste auprès du Vatican après des propos controversés du nonce apostolique en Espagne, Renzo Fratini, sur l’ancien dictateur Franco.

Par Publié hier à 18h09, mis à jour hier à 18h35

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Le roi Juan Carlos (à gauche) et le nonce apostolique d’Espagne, Renzo Fratini (à droite), lors de la réception annuelle du corps diplomatique, à Madrid, le 5 février 2014.
Le roi Juan Carlos (à gauche) et le nonce apostolique d’Espagne, Renzo Fratini (à droite), lors de la réception annuelle du corps diplomatique, à Madrid, le 5 février 2014. JUAN CARLOS ROJAS / AFP

A deux jours de prendre sa retraite, le nonce apostolique en Espagne, Renzo Fratini, a provoqué un début d’incident diplomatique entre l’Espagne et le Vatican. Au point que l’ambassadrice d’Espagne près le Saint-Siège, Carmen Peña, a émis une plainte formelle au Vatican, jeudi 4 juillet, lors d’une réunion avec le secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Paul Gallagher.

A 75 ans, et après dix ans comme « ambassadeur du pape » en Espagne, M. Fratini a accusé le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez de « ressusciter Franco » en voulant l’exhumer de son mausolée-monument de Valle de los Caidos, à 50 kilomètres de Madrid.

« Sincèrement, il y a tant de problèmes dans le monde et en Espagne. Pourquoi ressusciter Franco ?, a affirmé le nonce italien le 30 juin à l’agence Europa Press. Il valait mieux le laisser en paix. Il a fait ce qu’il a fait. Dieu le jugera. Cela n’aide pas à mieux vivre que de rappeler quelque chose qui a provoqué une guerre civile. »

« Franco, certains l’appellent dictateur, d’autres disent qu’il a libéré l’Espagne d’une guerre civile. »

Ses critiques à la politique de mémoire entreprise par les socialistes sont allées jusqu’à assurer que « certains veulent de nouveau diviser l’Espagne », avant d’ajouter que « Franco, certains l’appellent dictateur, d’autres disent qu’il a libéré l’Espagne d’une guerre civile et résolu un problème : ne continuons pas à nous battre sur s’il avait raison ou tort ». Enfin, il a souligné que si l’objectif était d’éviter l’apologie du dictateur, c’était un échec : « Les visites ont augmenté, le problème est revenu, alors que beaucoup de gens ne savaient pas où se trouvait le Valle de los Caidos. »

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Propos récurrents de la droite

Ces propos, qui reprennent les arguments récurrents de la droite espagnole, ont provoqué une controverse en Espagne et la colère de la vice-présidente du gouvernement, Carmen Calvo. Elle a aussitôt annoncé son intention de se plaindre formellement devant le Vatican pour ces déclarations qu’elle a qualifié d’« inacceptables ». « J’ai déjà eu des conversations difficiles avec le nonce. Il va avoir une réponse nette de la part de l’Etat espagnol, a-t-elle assuré. Il n’a pas à entrer dans les affaires internes d’un Etat. »

La numéro deux de l’exécutif en a profité pour rappeler l’intention du gouvernement de revoir la fiscalité de l’Eglise catholique en Espagne, très avantageuse. Cette dernière n’est pas assujettie à l’impôt foncier et bénéficie de nombreux avantages, le principal étant que tous les contribuables peuvent lui verser 0,7 % de leurs impôts.

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