Cinq postes-clés de l’UE cherchent candidats consensuels

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Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois, participe à un sommet européen au Conseil européen à Bruxelles, vendredi 21 juin 2019 - 2019©Jean-Claude Coutausse pour Le Monde
Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois, participe à un sommet européen au Conseil européen à Bruxelles, vendredi 21 juin 2019 – 2019©Jean-Claude Coutausse pour Le Monde JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR “LE MONDE”

La fumée blanche attendra. A l’issue d’une nouvelle longue nuit de négociations, les vingt-huit dirigeants européens ont, pour l’instant, échoué à se mettre d’accord sur la répartition des cinq « top jobs », ces postes-clés de l’Union européenne (UE) remis en jeu à l’issue des élections de mai.

Ce mercato est d’autant plus complexe qu’il dépend d’un grand marchandage, censé préserver les équilibres entre les grandes familles politiques (conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux), les Etats européens (est-ouest, nord-sud, petits-grands pays) et les sexes.

Le président de la Commission européenne

Titulaire actuel du poste : Jean-Claude Juncker (2014-2019)

Son rôle : C’est un peu l’équivalent d’un premier ministre. A la tête d’un « gouvernement » de vingt-huit commissaires (le « collège »), équivalent des ministres, il pilote une administration de quelque 33 000 fonctionnaires, chargée de faire tourner la machine européenne et de préparer les lois et les réglementations.

Le président de la Commission joue avant tout un rôle de moteur, puisqu’il a la main sur l’agenda législatif européen. Mais son pouvoir est limité : sur la plupart de ses prérogatives, il est dépendant étroitement du conseil des chefs d’Etat et du Parlement européen, dont le feu vert est nécessaire pour valider les textes de loi.

Comment il est nommé : Tous les cinq ans, à l’issue des élections européennes, les vingt-huit gouvernements européens se mettent d’accord sur un nom pour présider la Commission européenne. Le choix dépend à la fois du résultat des élections et du rapport de force entre les Etats européens : en conséquence, la règle selon laquelle le président de la Commission doit être issu de la famille politique arrivée en tête peut souffrir quelques exceptions.

Le candidat à la présidence doit être ensuite approuvé par un vote du Parlement européen à la majorité, à l’automne, avant d’être formellement intronisé en novembre 2019. Il peut ensuite former son « collège », en attribuant les différents portefeuilles (économie, environnement, santé…) aux vingt-sept commissaires proposés par les Etats européens.

Lire : Pourquoi l’Union européenne n’est pas une « dictature de Bruxelles »

Le président du Conseil européen

Titulaire actuel du poste : Donald Tusk (2014-2019)

Son rôle : Il est le porte-parole du Conseil européen, qui rassemble les chefs d’Etat et de gouvernement européens. S’il n’a pas véritablement de pouvoir propre, son rôle reste déterminant : c’est de sa capacité à dégager des consensus entre vingt-huit dirigeants aux intérêts et opinions souvent divergentes que dépend le bon fonctionnement de l’UE. Le président du Conseil européen peut également porter la voix de l’Union sur la scène internationale.

Comment il est nommé : Le président du Conseil européen est nommé tous les deux ans et demi par un vote à la majorité qualifiée des vingt-huit dirigeants européens. Il a la possibilité d’être renouvelé pour un second mandat s’il donne satisfaction. Le prochain titulaire du poste sera formellement intronisé en décembre 2019.

Le président du Parlement européen

Titulaire actuel du poste : Antonio Tajani (2017-2019)

Son rôle : S’il n’a pas le pouvoir de voter tout seul une loi, le président du Parlement européen a une influence substantielle sur les travaux des eurodéputés : il peut définir les priorités législatives et mener les négociations les plus sensibles avec la Commission et le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement. Son rôle de garant du fonctionnement interne de l’assemblée, généralement assez administratif, peut à l’occasion devenir très politique : en 2015, c’est le président social-démocrate du Parlement Martin Schulz qui avait lancé l’affaire des emplois fictifs d’assistants parlementaires, qui fait aujourd’hui peser une menace judiciaire sérieuse contre le Rassemblement national et le MoDem.

Comment il est nommé : Le président du Parlement est nommé tous les deux ans et demi. Théoriquement, il est choisi par un vote à la majorité absolue des eurodéputés mais, dans les faits, il ne s’agit pas d’une élection ouverte : son nom est le fruit d’un compromis entre les grandes familles politiques européennes.

Le chef de la diplomatie européenne

Titulaire actuel du poste : Federica Mogherini (2014-2019)

Son rôle : Le Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité est le ministre des affaires étrangères de l’UE. Il est l’un des piliers de la Commission européenne et chapote les milliers de diplomates et experts du SEAE, le service européen pour l’action extérieure.

S’il est parfois éclipsé par les chefs d’Etat ou le président du Conseil dans les grands rendez-vous internationaux, il joue un rôle important dans la mise en œuvre concrète de la politique extérieure européenne (comme les sanctions à l’encontre de la Russie ou les négociations sur le nucléaire iranien).

Comment il est nommé : Le Haut Représentant est choisi par les vingt-huit dirigeants européens, mais son nom doit être approuvé par le Parlement européen à la majorité. Il entamera en novembre 2019 un mandat de cinq ans.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE)

Titulaire actuel du poste : Mario Draghi (2011-2019)

Son rôle : Le président joue un rôle décisif dans la politique monétaire de la zone euro. Si sa mission première est de combattre l’inflation, il peut mener des politiques plus ou moins accommodantes pour relancer l’investissement et la croissance dans les moments de crise ou de stagnation. Ainsi, sous le mandat de Mario Draghi, la BCE a racheté des stocks importants de dette et maintenu des taux bas pour augmenter les liquidités des banques et soutenir la relance de l’économie européenne.

Comment il est nommé : Le président de la BCE est choisi pour un mandat de huit ans parmi les banquiers centraux les plus reconnus de l’UE. Ce choix est le fruit d’un consensus entre les vingt-huit dirigeants européens, mais doit être validé par le Parlement européen à la majorité. Le successeur de Mario Draghi prendra ses fonctions en novembre 2019.

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