A Londres, Donald Trump profite de la faiblesse de Theresa May pour s’ingérer dans le Brexit

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Le président américain a profité mardi de sa visite au Royaume-Uni pour courtiser plusieurs candidats à la succession de la première ministre britannique.

Par Publié aujourd’hui à 22h54

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La première ministre britannique, Theresa May, a reçu le président américain, Donald Trump, à Londres, mardi 4 juin.
La première ministre britannique, Theresa May, a reçu le président américain, Donald Trump, à Londres, mardi 4 juin. Stefan Rousseau / AP

Tout à sa joie d’avoir été reçu lundi, en grande pompe, par la reine Elizabeth – « une femme fantastique » – et d’être au centre de la vie publique britannique pendant trois jours, Donald Trump a feint de ne pas entendre les milliers de manifestants qui le conspuaient, mardi 4 juin, aux abords de Downing Street. Alors que les « Dump Trump ! » (« Trump à la poubelle ! ») avaient redoublé de puissance au moment où il sortait de la résidence de la première ministre en sa compagnie, le président a affirmé n’avoir vu dans les rues de Londres que des gens l’acclamant : « C’était de l’amour, une grande alliance. » Les manifestations ? « Mais où sont-elles ?, s’est interrogé le président. Ce sont des fake news”. »

La vérité est que le président américain a rencontré très peu de Britanniques ordinaires puisque le moindre de ses déplacements dans Londres s’est effectué en hélicoptère, précisément pour lui éviter de croiser les manifestants. L’autre vérité est que lesdits protestataires étaient nettement moins nombreux que prévu, en tout cas moins que les cent mille comptabilisés en juillet 2018 lors du précédent passage de M. Trump à Londres. Les circonstances extraordinaires de cette visite d’Etat – dans un pays en panne, sans gouvernement opérationnel, et dont la première ministre doit démissionner vendredi 7 juin – ont de quoi déstabiliser l’opinion.

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« Non à Trump, à Boris, à Farage »

« Un président qui menace la paix du monde, nie le changement climatique, met la main au sexe des femmes et sépare les enfants mexicains de leurs parents n’est pas le bienvenu dans mon pays », expliquait Mike Carr, 24 ans, salarié d’une ONG humanitaire, dans la foule massée sur Trafalgar Square. La forêt de pancartes agitées par les manifestants complétait la liste des griefs : « Bas les pattes de notre NHS » visait la menace d’une mainmise de l’industrie de la santé américaine sur le Service national de santé (NHS) britannique dans le cadre de l’accord de libre-échange « phénoménal » promis par M. Trump après le Brexit. « Non à Trump, à Boris, à Farage » dénonçait le soutien du président aux extrémistes du Brexit, et à leur projet de sortie de l’Union européenne (UE) sans accord, condition que met M. Trump à la signature d’un accord commercial.

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